associazione per il miglioramento ambientale di Castione
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Vernier (GE) paradiso terreste?

Questo articolo è inerente ad uno scritto apparso sui media ticinesi.

Le Temps   (Giornale di Ginevra)

11 ottobre 2010 Suisse (Enquête)

Vernier, portrait chiffré

Par Sandra  Moro

La commune s’étend sur une superficie de 7,6 km2.

Elle comptait 3906 habitants en 1950. En 2010, ils sont 33100, dont 45% d’étrangers.

Vernier atteint régulièrement le plus haut taux de chômage enregistré dans les communes: 8,5% en juin dernier, contre 6,3% pour le canton.

19,75% du parc immobilier est constitué de logements sociaux, c’est le taux le plus élevé du canton.

C’est à Vernier qu’on trouve la plus forte concentration de personnes à l’aide sociale (6,1% des habitants dépendent de l’Hospice général, et 1,4% touche le revenu minimum cantonal d’aide sociale).

Toutes les écoles de la commune – sauf une – font partie du Réseau d’éducation prioritaire.

Vernier compte 10 Maisons de quartier, 9 travailleurs sociaux hors murs, 11 agents de police municipaux et 2 îlotiers qui officient aussi au-delà du territoire communal.

 

Le laboratoire genevois du populisme

Par Sandra Moro

Vernier, commune précarisée, est la seule à avoir porté un membre du Mouvement Citoyens genevois à son exécutif. Décryptage d’une conquête facilitée par un habile travail de proximité

C’est l’endroit le plus pauvre de Genève. Une barre d’immeubles coincée entre l’avenue de l’Ain et le gigantesque siège des Services industriels genevois, sur la commune de Vernier. Derrières les façades en rénovation des Libellules, «il y a des cas psy, des alcoolos, des drogués, des trafics, mais aussi des gens qui vont bien, il faut le dire», explique Surya*, pendant qu’elle garde un œil sur son fils dans le préau de l’école voisine de la cité.

Sous le soleil matinal, les Libellules offrent l’image d’une banlieue morne et tranquille, loin du portrait alarmant qui s’en dégage à la lecture des statistiques. Le quartier pèse pourtant lourd dans les chiffres qui placent Vernier au premier rang des communes précarisées de Genève. La municipalité aligne un taux de chômage record (lire ci-dessous), le revenu médian le plus bas du canton et la proportion de population à l’aide sociale la plus élevée. «Tous les indicateurs sont au rouge», résume le maire socialiste Thierry Apothéloz.

Vernier compte 33 100 habitants – dont 45% d’étrangers –, ce qui en fait la deuxième commune genevoise et la septième ville de Suisse romande. Dotée d’un vaste territoire de plus de 7 km2 segmenté par des voies de circulation rapide, elle donne l’impression d’une curieuse mosaïque tant le contraste est aigu entre les différents quartiers qui la composent: la zone industrielle, les citernes d’hydrocarbures et les entrepôts qui lui valent la réputation de commune poubelle, mais aussi les grandes cités du Lignon et des Avanchets, le secteur de Châtelaine, et les quartiers plus bucoliques de Vernier Village et d’Aïre.

Défavorisée, cosmopolite, très disparate, Vernier est aussi un bastion populiste, fief du Mouvement Citoyens genevois (MCG) [l’equivalente della Lega dei ticinesi]. C’est à Vernier que le parti anti-frontaliers compte son seul et unique représentant élu dans un exécutif: Thierry Cerutti, 40 ans, gendarme. Elu en 2007, écarté de son siège en raison d’irrégularités constatées lors de l’élection, il a été désigné une nouvelle fois en 2008. Grand vainqueur des législatives cantonales il y a un an, le MCG a alors fait des étincelles à Vernier: 27,04% des suffrages (avec une pointe à 31,78% aux Avanchets). Le PS, arrivé en deuxième position, est resté loin derrière avec 15,82% des voix.

Né en 2005, le MCG fait recette dans toutes les grandes communes suburbaines du canton qui abritent une forte proportion d’ouvriers et de travailleurs non qualifiés. A cinq mois des prochaines élections municipales, où l’on s’attend à voir le parti engranger de nouveaux succès, Vernier offre un terrain d’observation privilégié pour le voir à l’œuvre.

Premier constat: indépendamment de l’efficacité des stratégies développées par le MCG pour renforcer son ancrage, la commune offrait, a priori, un terreau propice à une formation populiste au discours sécuritaire et axé sur la primauté due, en toutes circonstances, aux résidents locaux. D’abord parce que Vernier renvoie, sur son propre territoire comme en dehors, une image de coupe-gorge. Cette réputation n’est pas tout à fait conforme à la réalité, explique Didier Froidevaux, directeur des études stratégiques de la police genevoise et habitant de Vernier depuis quinze ans: «Il y a des choses à faire, mais ce n’est pas le Bronx. …..